Le Forum Plutonium est un réseau constitué de personnes et d'associations, qui se sont fixés comme objectif :
« d’analyser et de faire connaître les implications, de la production et l'emploi du plutonium et de ses descendants radioactifs, en particulier, comme source d'énergie nucléaire. Ces implications retentissent sur la société, la santé, l'environnement, l'économie et sur la prolifération des armes nucléaires. Le Forum Plutonium veut aussi aider à la prise de conscience générale des graves responsabilités que représentent ces activités vis-à-vis des générations futures. Il entend enfin analyser et informer sur les options de gestion du plutonium existant, et, en particulier, sur les implications de cette gestion comme déchet ultime. » (Extrait des statuts de l'Association, déposés le 7 juillet
1995).
Il s'est créé en 1994, face au risque que représentent, pour la vie sur notre Planète, la présence diffuse de centaines de tonnes de plutonium déjà produites et la poursuite de cette production, en France, en Grande Bretagne et en Russie principalement.
Aujourd'hui, la filière des surgénérateurs est sur le déclin avec l'échec de Superphénix ; les opérateurs du nucléaire proposent donc d'écouler les stocks de plutonium civils et militaires en remplaçant, dans les réacteurs classiques à eau légère, le combustible standard à l'uranium par du MOX, mélange de plutonium et d'uranium appauvri. Rien n'indique que les avantages économiques, sociaux ou autres d'un tel choix compensent le détriment sanitaire qu'il provoque.
En effet, ce choix stratégique du nucléaire français appliqué aux réacteurs des producteurs européens d'électricité, induit de nombreux transports de plutonium sous différentes formes. Les usines de production de plutonium sont à la pointe du Cotentin, en Ecosse et au nord-ouest de l'Angleterre, les usines de MOX sont dans le sud-est de la France et dans l'est de la Belgique; ces transports (pour l'essentiel, routiers) exposent l'ensemble des habitants aux risques de contamination radioactive par le plutonium et d'actes terroristes, liés, pour certains, à la prolifération de l'arme atomique. Pour cette dernière raison, ces transports de matières nucléaires sont soumis en France au «secret défense», ce qui interdit toute expertise indépendante sur le respect de règles de sécurité et tout contrôle démocratique sur les parcours. Or il s'agit de métaux lourds hautement radiotoxiques, généralement en poudre fine, non détectable au radiomètre; on les retrouve dans les sédiments des rivières ou bien dans les nappes phréatiques. Le plutonium n'existait pratiquement pas avant l'âge atomique. L'extension de l'industrie du MOX va contribuer à sa dispersion dans l'écosystème, où il demeurera, radiotoxique pour des millénaires.
Le Forum Plutonium demande que le plutonium soit considéré comme un déchet, que son extraction du combustible usé cesse, ainsi que la production et l'utilisation du MOX. Il revendique l'application immédiate d'un scénario de sortie rapide du nucléaire, avec, en attendant, l'emploi de l'uranium enrichi comme combustible.
Le Plutonium :
Le plutonium est nocif pour le vivant au niveau du centième de milligramme, par sa radioactivité qui détruit le noyau des cellules vivantes pendant une durée supérieure à sa demi-vie de 24000 ans, causant leucémies, cancers et mutations génétiques héréditaires. Avec plus de 2700 tonnes de plutonium actuellement présentes sur la planète, des milliers de milliards d'êtres vivants sont en danger de mort plus ou moins rapide, D'autant que la contamination par le plutonium suit le cycle de la survie des espèces, des plantes vers les animaux et vers les humains. Ce risque pour la survie sur la planète est en plus décuplé par sa séparation et son recyclage comme combustible nucléaire, qui supposent des manipulations et des transports. S'y ajoute la convoitise des terroristes et des pays désireux de posséder la bombe atomique ou (et) de polluer durablement leurs cibles avec des bombes sales. Ils sont de plus en plus nombreux et impatients.
Ce risque nous a semblé majeur, loin devant les nombreux autres risques dus au nucléaire civil :
- la pollution par les autres résidus contenus dans le combustible usé, les actinides et les produits de fission (4% du poids), que l'on stocke sous terre,
- le danger d'explosion, spontanée ou provoquée des réacteurs, surtout les plus anciens (durée de vie portée de 25 à 40 ans),
- les transports par sol, air, mer des matières nucléaires neuves et usagées,
- les rejets solides, liquides et gazeux des installations,
- le transport et le stockage des produits chimiques nécessaires à l'industrie nucléaire, le fluor pour l'enrichissement de l'uranium, l'acide nitrique pour le retraitement, le sodium pour les surgénérateurs,
- le réchauffement par les réacteurs des rivières et des courants marins côtiers,
- le devenir des friches industrielles et des ferrailles contaminées polluées pour des millénaires,
- les stériles de mines d'uranium laissées sur place par les exploitants,
Il est aussi urgent d'arrêter de produire l'électricité avec l’énergie nucléaire que de réduire l'effet de serre dû à la combustion des hydrocarbures. |